L'avantage de la position à l'Omaha

Contrairement à ce que certains joueurs débutants en Omaha pourraient penser, la position procure un avantage substantiel, qu’il faut prendre en considération dès le début d’un coup.
En avril dernier, l’Omaha Pot-Limit (PLO, en anglais) en cash game faisait sa première apparition à la télévision. NBC a retransmis deux semaines de cash game en PLO dans sa série Poker After Dark. La première semaine, on a vu s’affronter Phil Ivey, Patrik Antonius, Tom Dwan, Phil Galfond, Brian Hastings et Brandon Adams. Au cours de la seconde, Adams a été remplacé par le spécialiste du PLO online Jared « Harrington25 » Bleznick.
La partie se jouait avec un buy-in de 100 000 $ et des blindes à 300 $/600 $. Pendant une grande partie des deux sessions, il y a aussi eu une « option » de 1 200 $. Une seconde option à 2 400 $ a aussi été jouée dans plusieurs coups. Examinons un coup disputé au cours de la deuxième semaine, quand les tapis étaient encore plus importants.
Bouton : Hastings (tapis 248 000 $) : A♦-5♥-3♥-3♠
Petite blinde : Bleznick (tapis 61 000 $) : Q♠-9♥-8♣-3♦
Grosse blinde : Dwan (tapis 100 000 $) : K♠-10♦-9♠-6♣
UTG/Option : Galfond (tapis 233 000 $) : Q♥-8♠-6♦-4♣
Cut-off : Ivey (tapis 468 000 $) : 9♣-7♦-5♠-4♠
Hors du coup : Antonius (tapis 92 000 $)
Pot : 2 100 $
Galfond s’acquitte de l’option UTG.
Ivey se couche.
Jusqu’à présent, Ivey a joué des mains bien pires que 9-7-5-4 avec deux cartes de même couleur. Mais Hastings était très actif avec un tapis de 248 000 $ (un peu plus de 200 grosses blindes). Hastings avait commencé la semaine avec 89 000 $ et il avait ramassé presque 150 000 $ au cours des 23 coups précédents. Depuis peu, il se montrait très actif. Sur les 21 derniers coups où il était présent, il en avait jouées 14 et il avait relancé six fois préflop (dont deux 3-bets). Plutôt que de prendre le risque de jouer hors position, Ivey a donc préféré se débarrasser de sa main marginale.
Hastings (248 000 $) ouvre avec une relance du bouton à 3 500 $.
Sans surprise, il relance avec une main « poubelle ».
Bleznick se couche.
Dwan (100 000 $) surrelance à 12 000 $.
Hors position, Dwan effectue un 3-bet avec une main qui n’est pas non plus de premier ordre. Il s’était montré assez actif dernièrement. Il faut aussi noter que les deux joueurs avaient un passif. Au cours de la première semaine (qui, en réalité, s’était terminée juste une heure ou deux avant le début de la seconde semaine), Hastings avait ouvert du bouton, Dwan avait effectué un 3-bet à l’une des blindes et Hastings s’était couché. Peut-être que ce dernier allait donc de nouveau se coucher. Dans le cas contraire, ce serait une situation avec un SPR (ratio tapis/pot inférieur à 4) faible, moins désavantageux pour Dwan qui joue hors position.
Galfond se couche.
Hastings suit.
A-5-3-3 sans une couleur max est une de ces mains que vous couchez face à une relance… à moins d’avoir une chance monstrueuse.
Flop (25 500 $) : A♥-K♦-8♥.
Dwan checke.
C’est une situation inconfortable pour Dwan. Il n’a qu’une paire moyenne. Je crois qu’en général, la meilleure chose à faire, c’est de miser avant de se coucher face à une relance. Pour qu’il checke ici, il doit estimer que son Roi a une certaine valeur, et qu’Hastings ne tentera pas un vol s’il checke aussi.
Hastings checke.
La manière de jouer d’Hasting semble plus sensée. Il a une paire max faible avec un tirage couleur tout aussi faible. Il ne veut pas miser pour se coucher face à un check/raise.
Turn (25 500 $) : 10♠.
Dwan mise 16 400 $.
Dwan se retrouve avec deux paires et il ouvre pour environ les deux tiers du pot.
Hastings suit.
Du point de vue d’Hasting, la première mise dans un pot en tête-à-tête est toujours suspecte. Il ne peut coucher sa main.
Rivière (58 300 $) : J♦.
Dwan checke.
À ce moment du coup, Dwan espère juste aller à l’abattage. En effet, avec ses deux paires K-10, il ne peut espérer battre beaucoup des mains avec lesquelles son adversaire a suivi au turn. Hastings, d’un autre côté, ne peut que suivre. D’une part, Dwan a très peu de mains qu’Hasting puisse battre avec sa paire d’As et un 5 comme kicker. D’autre part, à moins que Dwan ait checké une quinte max, il aura du mal à suivre une relance sur ce tableau.
Hastings mise 32 000 $.
Dwan se couche instantanément.
Ce coup illustre clairement l’avantage de la position. En tirant profit de cet avantage, Hastings a tout simplement pu jouer contre Dwan de manière plus fine, plus précise, ce qui a coûté le pot à ce dernier.
J.H.


