Bounty sur ma tête
Je souhaiterais parler des Bounty. Pas de ces tournois où l’élimination de chaque joueur fait l’objet d’une prime (dénommée « Bounty »), mais des Bounty qui planent au-dessus de la tête des joueurs connus.
Quand je joue en France – pas à l’étranger où je ne jouie d’aucune notoriété – j’ai souvent la nette sensation d’avoir un Bounty au-dessus de ma tête, dans les gros évènements comme le PPT et l’EPT mais aussi les tournois de moindre envergure. Soulignons-le d’emblée : cela n’est aucunement spécifique à ma personne, mais à tous les joueurs pros, connus, médiatisés, qui affichent un beau palmarès ou une belle notoriété.
Beaucoup de joueurs cherchent à me faire des « horreurs », toucher des cartes miracles pour me faire sauter sur un coup, à m’« attraper » dans un bluff plus ou moins opportun. Quelles sont les conséquences, les avantages et les inconvénients, sur le cours d’un tournoi ?
Quand je run good, les avantages sont évidents : le cumul de nombreux jetons au grès des mains perdues par les joueurs qui veulent se « payer ma tête » en poussant outre mesure les coups – coups que je gagne neuf fois sur dix, dans un bon tempo. Grâce à eux, je monte rapidement de gros stacks. Merci, donc, aux chasseurs de Bounty.
Le deuxième cas de figure correspond à une situation que je qualifierais de « normale ». Une « horreur » intervient alors deux fois sur dix. Il faut être vigilent, car un mauvais coup peut être fatal ou entamer mon stack considérablement.
BEAUCOUP DE FRUSTRATION
Le troisième scénario est le pire, le plus dangereux : quand je run bad. Les coups malchanceux surviennent alors une fois sur trois, ce qui, par effet de répétition, entraine la plupart du temps une élimination précoce, et ce faisant, beaucoup de frustration. Même si le coup n’est pas fatal, les dommages psychologiques sont importants. Même pour un joueur pro, il est très difficile, en effet, de garder concentration, lucidité et confiance en soi quand le stack a été divisé par cinq suite à un one-outter ! On sourit pour garder bonne figure, mais on bout à l’intérieur !
Dans de telles circonstances, j’enfile alors mes deux écouteurs. Pour retrouver mon calme, j’ai besoin, un moment, de me couper du monde extérieur et d’entrer dans ma bulle. Idem pendant les pauses des tournois. Rien de pire, en effet, que de croiser des personnes qui vous racontent leurs coups, leurs mauvaises rencontres pour évacuer leur stress, alors que vous cherchez à vous détendre et déstresser.
J.-P.P.


